Partez pour un séjour insolite au cœur de la baie Halong terrestre

Il y a des voyages qui s’imposent comme une évidence, guidés par des envies de dépaysement et cette soif un peu viscérale de paysages hors du commun. Après notre virée de neuf jours en groupe avec d’autres blogueurs, on trace désormais la route à deux. Direction la région de la baie d’Halong terrestre, repérée grâce aux bons conseils de Roxanne et Pierre du blog Allonsvoirailleur.be. À seulement trois heures de bus de Hanoï, on nous a vanté sa beauté tranquille, loin du tumulte urbain. Pour clore notre périple, il nous fallait un coin paisible, un endroit qui apaise le regard autant que l’esprit. La baie d’Halong terrestre cochait toutes les cases.

Emplacement de la baie terrestre d’Halong

La baie d’Halong terrestre se niche dans la province de Ninh Binh, au nord du Vietnam. On lui a donné ce nom tant son décor rappelle le célèbre joyau maritime : d’immenses pitons calcaires, des rivières sinueuses, des champs de riz étendus à perte de vue. Sauf qu’ici, c’est la terre qui épouse l’eau. Ninh Binh, à la fois ville et ancienne capitale historique du pays (ex-Hoa Lu), ne séduit pas vraiment au premier abord. Les rues n’ont rien de pittoresque, l’ambiance reste assez morne. Pourtant, passer à côté de cette région lors d’un séjour au Vietnam, ce serait vraiment passer à côté de quelque chose.

Pour explorer cette baie à part, nous sommes passés par une agence locale. Asiatica Travel nous a ouvert les portes d’une autre facette du Vietnam : nuits chez l’habitant, partages simples et moments hors du temps. L’équipe, basée en Asie du Sud-Est depuis 2001, connaît son terrain. Leurs conseils avisés, leurs itinéraires sur-mesure, tout respire l’expérience.

Comment rejoindre la baie d’Halong terrestre

Rejoindre Ninh Binh ne relève pas du casse-tête. Depuis Hanoï, on a réservé un billet de bus directement à l’hôtel. Huit dollars, et la navette nous récupère devant la porte avant de nous déposer à Ninh Binh… ou du moins, dans un coin de la ville qui arrange le chauffeur. Une fois débarqués, il faut se débrouiller pour atteindre son hébergement. Les trois heures de trajet se font dans un bus animé, partagé avec d’autres voyageurs, et ponctué par des arrêts plus ou moins prévus. On a juste fait une halte devant un temple, encore inconnu pour nous, préférant recharger les batteries autour d’un café vietnamien bien tassé, dans un bistrot du coin.

D’autres options existent pour rejoindre Ninh Binh : depuis la gare routière de Giap Bat à Hanoï, des bus partent toutes les demi-heures de 5h à 17h30 pour environ 4 dollars. C’est plus économique, mais il faut alors rejoindre la gare routière par ses propres moyens, à pied, en taxi, en tuk-tuk ou tout autre mode qui vous inspire. Le trajet dure en principe deux heures si tout va bien.

Un hébergement atypique pour dormir au bord de la baie terrestre

Pour ces derniers jours, on voulait marquer le coup. Trouver un endroit beau, calme, qui donne l’impression d’être coupé du monde, sans pour autant exploser le budget. Après quelques recherches, c’est une maison d’hôtes en bambou qui retient notre attention : posée au cœur de ces paysages singuliers, bordée par la rivière Ngo Dong et entourée d’une végétation luxuriante.

Cabane Nguyen Ninh Binh

Il ne s’agit pas juste d’un toit où poser ses valises. C’est tout un état d’esprit. À Ninh Binh et aussi à Can Tho dans le sud, Maxime, Québécois de naissance, et sa compagne vietnamienne ont conçu des bungalows qui mêlent confort, authenticité et hospitalité. Leur table fait honneur à la cuisine locale, et ils organisent aussi des sorties pour faire découvrir les environs. Le soir, ils proposent gratuitement des cours d’anglais aux enfants du village, et les voyageurs sont invités à participer. Une démarche qui donne du sens au séjour.

Voici ce qui distingue vraiment cette adresse :

  • Le cadre, tout simplement exceptionnel.
  • Des bungalows qui invitent vraiment à la détente.
  • Un calme absolu, parfait pour recharger les batteries (et les hamacs sont là pour ça).
  • Une localisation idéale pour explorer la région à son rythme.
  • De l’eau fraîche offerte dans chaque cabane, avec café, bouilloire, petites douceurs. Un frigo remplit la fonction mini-bar sans abuser sur les prix.
  • Des vélos à disposition, sans supplément.
  • Le linge est lavé sur place, gratuitement.
  • Location de scooters possible pour dix dollars la journée, carburant compris.
  • Et surtout, une ambiance chaleureuse, une attention sincère portée aux voyageurs, ce petit plus qui fait la différence.

Que faire autour de la baie d’Halong terrestre ?

La région regorge d’idées de balades et d’expériences à vivre. Voici quelques incontournables à ne pas manquer.

Prendre de la hauteur à la grotte Hang Mua : Située à deux pas de notre bungalow, la grotte Hang Mua se mérite. On chausse ses baskets, et on attaque l’ascension des 450 marches taillées dans la pierre. L’escalier, blanc et sinueux, serpente sur la montagne comme un dragon. Une fois en haut, la vue balaie tout le paysage : rivières, rizières, massifs karstiques à perte de vue. Au pied de la montagne, deux petites grottes attendent les curieux.

Se laisser porter lors d’une balade en barque sur la rivière : Tout autour, les excursions en bateau foisonnent. Nous avons choisi le circuit de Trang An, pour 150 000 dongs par personne, soit environ trois heures sur l’eau. Ce sont les femmes du coin qui rament et guident les visiteurs. Sur les embarcations, on peut aussi donner un coup de pagaie pour partager l’effort. Le silence, le clapotis de l’eau, la traversée de grottes étroites, les temples blottis au creux des montagnes : l’expérience reste gravée. Impossible toutefois de se baigner, cela reste interdit. Un conseil : prévoyez un petit pourboire pour la rameuse, c’est apprécié.

Explorer la pagode Bai Dinh, la plus vaste d’Asie du Sud-Est : Perchée sur plus de 100 hectares, la pagode Bai Dinh impressionne par sa taille, ses statues de Bouddha innombrables, et ses allées interminables. On y trouve un temple ancien, datant de 1136, et une partie plus récente, érigée au début des années 2000. Ce lieu de culte attire les pèlerins venus de tout le continent, mais lors de notre passage, l’immensité du site amplifiait le calme. L’entrée ne coûte rien, mais il faut s’acquitter d’une navette électrique pour parcourir la distance. À chacun de se faire une idée devant l’ampleur de l’édifice, entre respect des traditions et questionnement sur la démesure.

Ici, le voyage prend un autre tempo. Entre rizières et pitons rocheux, la baie d’Halong terrestre dévoile ses secrets à ceux qui prennent le temps, et si le Vietnam a mille visages, celui-ci laisse une empreinte que l’on n’efface pas d’un simple coup de chiffon sur les souvenirs.

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