Ceux qui ont regardé Little House on the Prairie savent tout de Michael Landon. Landon a joué Charles Ingalls dans l’émission, et nous avons appris une tonne sur sa vie familiale quand il était enfant et ses multiples mariages à l’âge adulte. Et il semble qu’il ait eu une fille particulièrement difficile.Voici ce que Landon a dit au sujet des problèmes de sa fille et pourquoi il s’est senti extrêmement coupable de certaines de ses propres pensées parentales.
Michael Landon de ‘Little House on the Prairie’ a eu 9 enfants dans 3 mariages
L’histoire de Michael Landon ne colle à aucun cliché familial idyllique. Ce fils d’une époque cabossée a traîné dans ses valises tout ce que le destin pouvait empiler : trois mariages, des enfants réunis sous un même toit et les éclats des séparations. La rupture très médiatisée avec Lynn Noe, puis sa relation avec une maquilleuse rencontrée sur le plateau de Little House on the Prairie, ont défrayé la chronique. Le tumulte n’était pas réservé à la fiction, et chaque épisode de sa vie résonnait bien au-delà des studios.
Landon a accueilli neuf enfants, tous issus de parcours différents, sans jamais dessiner de frontières entre eux. Dès ses débuts paternels, il adopte le fils de sa première femme, Mark Fraser Landon, lui offrant la même place que tout enfant biologique. Puis Josh Fraser Landon, autre fils de Dodie Levy-Fraser, trouve une place au sein du clan. À mesure que les années passent et que la famille s’agrandit, Michael Landon refuse de se perdre dans les étiquettes ; il considère tous ses enfants comme les siens, sans condition ni nuance.
Sa philosophie est limpide : la biologie n’a jamais dicté l’amour ou l’engagement. Là où tant de familles recomposées naviguent entre branches et ramifications, pour lui tout tenait dans une seule évidence : « Ce sont mes fils, point ». Derrière ce principe, on devine la volonté farouche de ne jamais céder aux accessoires, même si la vie, elle, n’a pas toujours été tendre.
Landon face aux tourments de sa fille Cheryl
Les secousses ne se sont jamais limitées à ses relations amoureuses. Michael Landon a affronté la tempête lorsque sa fille Cheryl, issue d’un précédent mariage de Lynn Noe, a plongé à son tour dans les affres de la dépendance. Il racontera plus tard, sans se cacher derrière une façade lisse, comment Cheryl s’est retrouvée prise dans l’engrenage du Miltown, un tranquillisant qui rappelle les effets du Valium.
Il repense à cette période : les soupçons en fin de lycée, le départ de Cheryl pour l’Université de l’Arizona, et cette tentation de tout excuser, de ne rien vouloir voir. Plus facile de détourner le regard que d’affronter l’évidence, jusqu’à ce que la vérité s’impose. À 19 ans, l’overdose manque de lui coûter la vie. Cette fois, l’alerte brûle tout sur son passage. Landon décide alors de l’orienter immédiatement vers un centre spécialisé en Californie. Après des années de lutte, Cheryl trouvera, à force de résilience, un nouveau souffle.
Mais même quand le danger immédiat semble écarté, les sentiments parentaux invitent des ombres sournoises. Landon a partagé ce poids intérieur, cette culpabilité d’un père qui pense l’impensable, jusqu’à souhaiter, l’espace d’un instant, que la douleur disparaisse avec l’existence même de l’enfant. La détresse a ce visage nu : l’impuissance brise parfois les plus courageux, et rien, pas même la célébrité, ne permet d’abdiquer ce combat.
Des épreuves personnelles ancrées depuis l’enfance
Landon n’a jamais masqué son propre chemin de croix. Pendant le tournage de Bonanza, il sombre à son tour dans l’addiction au Miltown, censé calmer son anxiété mais devenu une échappatoire toxique. Il en consommait jusqu’à 50 ou 60 cachets par jour. Ces chiffres claquent comme un coup de poing : l’homme à l’écran portait un fardeau minéral derrière les sourires rassurants.
Se libérer a relevé de l’épreuve, mais les fantômes de son enfance s’accrochaient toujours. Le harcèlement subi à l’école, la douleur de voir sa mère tenter de se donner la mort : Landon a traversé trop tôt la brutalité et la précarité émotionnelle. Son amour pour le sport aurait pu l’emporter loin du chagrin, mais une blessure en a décidé autrement. Finalement, la télévision et le cinéma ont offert un autre horizon, presque une revanche sur les démons du passé.
Avec le temps, une complicité nouvelle s’est installée entre Michael Landon et sa fille Cheryl. L’épreuve leur a tissé des liens indestructibles, comme le prouve le témoignage de Cheryl dans son ouvrage I Promised My Dad: An Intimate Portrait of Michael Landon. Elle y dépeint sans détour la force qui unissait père et fille jusque dans les derniers moments. À travers les aléas, ce récit met au jour une conviction : la rage de vivre ne s’éteint jamais vraiment, et ceux qui tiennent bon laissent derrière eux une lumière que rien ne ronge tout à fait.



