Rien ne bouleverse autant l’expérience de la vape que le choix du ratio PG/VG dans votre e-liquide. Ce duo, composé de propylène glycol (PG) et de glycérine végétale (VG), n’est pas qu’un détail technique : il détermine la texture de la vapeur, la puissance du hit, la saveur et jusqu’à la longévité de votre matériel. Avant de vous lancer dans la création de votre propre liquide ou d’opter pour une recharge pour cigarette électronique en boutique, mieux vaut comprendre comment ce dosage façonne chaque bouffée.
Glycérine végétale (VG)
La glycérine végétale provient d’huiles végétales et séduit par son épaisseur et sa douceur en bouche. Plus il y en a, plus la vapeur devient abondante, dense et enveloppante, avec une sensation adoucie pour la gorge. Les adeptes de vapeurs imposantes et d’une expérience plus feutrée s’y retrouvent aisément, à condition de miser sur un matériel adapté capable d’absorber cet excès de viscosité, comme certains réservoirs subohm. La VG coche aussi la case « compatible végane » et apparaît dans des domaines variés hors vape. Voici plusieurs exemples concrets de son usage au quotidien :
- édulcorants alimentaires
- produits de soin (crèmes, savons, dentifrices)
- préparations pour animaux
- produits de boulangerie
- gélules et traitements topiques pharmaceutiques
La FDA considère la VG comme sûre lorsqu’elle est ingérée ou appliquée sur la peau. Cependant, l’inhalation soulève plus de réserves, car les données restent limitées sur le recul à long terme. Une étude menée en 2008 évoquait un risque très faible lors de l’inhalation du glycérol sous forme d’aérosol. En pratique, les réactions allergiques à la VG restent très peu fréquentes, ce qui en fait une véritable alternative pour les personnes sensibles au PG. Deux points de vigilance, tout de même : en cas d’allergie à l’huile de coco ou de palme, la prudence s’impose, et pour les diabétiques, même si les doses inhalées via la cigarette électronique demeurent infimes, le métabolisme de la VG mérite attention.
Si vous privilégiez la glycérine végétale, observez de près l’état de votre matériel. Epaisse, la VG a tendance à encrasser plus rapidement la résistance, surtout sur les clearomiseurs anciens ou les systèmes peu puissants. Changer sa résistance plus souvent n’est donc pas rare avec un taux élevé de VG. Elle peut également provoquer une sensation de gorge sèche ou de bouche pâteuse, surtout lors d’une utilisation intensive. Un simple ajustement, boire davantage d’eau, réduire le rythme de vape, suffit généralement à retrouver un certain confort.
Propylène glycol (PG)
Le propylène glycol se distingue par sa fluidité extrême, son absence quasi-totale d’arôme, et sa capacité à transporter fidèlement les saveurs comme la nicotine. Plus léger que la VG, il convient à celles et ceux qui recherchent une sensation proche de la cigarette classique, avec un hit en gorge bien présent. On le retrouve couramment dans la composition de nombreux produits hors vape, dont :
- inhalateurs pour asthmatiques
- cosmétiques et soins cutanés
- alimentation et friandises pour animaux
- certains traitements médicaux
Sans danger par voie orale d’après la FDA, le PG interroge davantage lors de son utilisation en inhalation régulière. Il existe peu d’études récentes et fiables sur les conséquences à long terme de la vape contenant du PG. Une recherche réalisée en 1947 évoquait une absence de risque notoire ; cependant, d’autres travaux, menés en 2010 notamment, suggéraient quelques interrogations sur des troubles immunitaires ou respiratoires, même si le PG lui-même n’était pas désigné explicitement. Exit les idées reçues sur l’antigel : le propylène glycol utilisé dans la vape n’a rien à voir avec l’éthylène glycol, bien plus toxique. Point d’attention pour les propriétaires de chats : inhaler régulièrement du propylène glycol peut provoquer une anémie particulière chez ces animaux. Prudence si l’animal évolue dans le même espace.
Certains vapoteurs font part d’une gêne en gorge, de sécheresse buccale ou de soif marquée avec une base fortement dosée en PG. Les allergies réelles se font rares, mais si des signes comme démangeaisons ou irritation apparaissent, tester une base majoritairement VG peut améliorer la situation. Pour la plupart, ces désagréments s’estompent en quelques jours, le temps que le corps s’adapte à la nouvelle composition du e-liquide, ce qui peut se confondre avec les effets du sevrage tabagique.
Le propylène glycol, liquide synthétique, a aussi un autre atout : il ralentit la dégradation des e-liquides et prolonge leur durée de conservation. Son usage requiert toutefois quelques ajustements techniques : il tolère des températures plus élevées et demande un réglage de puissance précis, au risque d’obtenir un léger goût de brûlé si l’atomiseur n’est pas adapté. On gagne alors en intensité d’arômes, même si les volutes de vapeur restent modestes.
Quel ratio PG/VG choisir selon son profil de vape ?
Impossible de conseiller aveuglément un pourcentage fixe de PG ou de VG : chaque profil de vapoteur, chaque habitude demande son réglage. Un amateur de sensation marquée dans la gorge et de saveurs puissantes préférera souvent une base riche en PG, tandis qu’un adepte de performances visuelles et d’une vapeur douce misera sur la VG.
Voici les dosages typiques observés sur le marché, avec leurs spécificités :
- 100 % VG : pour ceux ayant une intolérance marquée au PG ou en quête d’un maximum de vapeur, avec une saveur légèrement atténuée et moins de hit, et l’obligation d’entretenir son matériel plus fréquemment.
- 80 % VG / 20 % PG : accent sur la vapeur, quasi-absence de hit et une expérience très lisse, mais nécessite des réservoirs robustes et un entretien plus régulier.
- 70 % VG / 30 % PG : équilibre apprécié par beaucoup, combinant de beaux nuages à un effet doux en gorge, tout en maintenant une certaine intensité aromatique.
- 50 % / 50 % : base polyvalente pour initier des tests et déterminer son point d’équilibre personnel.
- 20 % PG / 80 % VG : volume de vapeur généreux pour une sensation très ronde, mais hit en gorge atténué.
- 100 % PG : rare, réservé à ceux qui souhaitent une restitution optimale des arômes et une sensation puissante en gorge, mais avec une vapeur beaucoup plus discrète.
La plupart trouvent leur terrain de jeu entre 70/30 et 30/70 selon l’intensité recherchée. Ceux qui préfèrent vapoter sans attirer l’attention dans un espace public iront naturellement vers une base plus chargée en PG, quand les passionnés de gros nuages privilégient la VG. Restez vigilants : dépasser 80% d’une seule base est souvent contre-productif. Au-delà, la sensation peut devenir trop intense ou trop fade, et l’entretien du matériel s’alourdit.
En testant plusieurs compositions et en modulant la puissance de son appareil, chacun affine peu à peu son expérience, jusqu’à dénicher la vape qui lui correspond le mieux. Le plaisir de cette recherche n’a rien d’anecdotique : c’est en avançant, retours après retours, que le vapoteur compose sa signature. L’alchimie du PG/VG, c’est avant tout un cheminement personnel, à chaque ajustement, c’est une nouvelle facette de la vape qui se révèle.

