Comment choisir le meilleur antivol pour votre vélo

Parfois, il est bon de prendre du recul et de regarder les choses sous un angle différent. Nous passons tellement de temps à réfléchir aux serrures de vélo et aux choses que nous pouvons faire pour protéger nos promenades.Mais qu’en est-il des fabricants de vélos ? Qu’est-ce qu’ils font ? Pourquoi les nouveaux vélos ne sont-ils pas équipés de dispositifs de sécurité intégrés ?Pouvez-vous imaginer que les voitures et les motos modernes soient vendues sans serrures ni alarmes ? Ça aurait l’air fou. Et pourtant, nous acceptons que les vélos neufs soient vendus sans aucune forme de protection contre le vol.Évidemment, les vélos sont différents des voitures et des motos ! Mais j’aimerais que les constructeurs de vélos pensent beaucoup plus à la sécurité et intègrent des fonctionnalités qui dissuadent le vol dans leurs vélos.Heureusement, il y a quelques entreprises avant-gardistes qui le font déjà. Et récemment, j’ai lu plusieurs articles sur « vélos antivol ». Mais est-ce qu’ils font vraiment des vélos non volables ou est-ce hyperbole ?Jetons un coup d’oeil à ces vélos plus en détail…

Vélo fortifié : pourquoi tous les nouveaux vélos ne sont-ils pas comme ça ?

Les vélos Fortified ne bouleversent pas le marché avec une technologie sortie de nulle part. Leur secret ? Rassembler des dispositifs de sécurité éprouvés et les proposer de série, sur chaque vélo. Concrètement, chaque composant, guidon, roues, selle, tige, accessoires divers, est fixé au cadre par des boulons spécifiques, qu’il n’est possible de démonter qu’avec une clé fournie par la marque.

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Tous les composants sont attachés avec une clé de sécurité

À cela s’ajoute un solide antivol en U, doté d’une double anse de 13 mm, capable de résister à la plupart des tentatives de vol à l’outil, sauf peut-être à la pince monstre des voleurs les plus déterminés. Fortified va plus loin et propose des plans de protection sur un, trois ou cinq ans. Contre quelques dizaines à quelques centaines de dollars (99$, 248$ ou 348$), le cycliste bénéficie d’une assistance en cas de vol : une équipe s’active à retrouver le vélo avec l’aide de la police et des plateformes comme eBay ou Craigslist. Si, après 24 heures, le vélo reste introuvable, Fortified en expédie un nouveau, hors frais d’envoi.

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Deux modèles sont disponibles : l’Invisible 1-Speed (mono-vitesse) et l’Invisible 8-Speed (huit vitesses), tous deux pensés pour la ville. Le cadre et la chaîne sont traités contre la rouille, les pneus résistent bien aux crevaisons, l’assise n’a pas peur de la pluie. Tout est pensé pour le quotidien urbain.

Les vélos fortifiés viennent avec un U lock décent

En clair, Fortified assemble et installe, dès la sortie d’usine, tout ce que la plupart des cyclistes oublient de faire. Certes, ces dispositifs existent depuis longtemps. Mais combien prennent réellement le temps d’équiper leur vélo ? Rarement assez, et c’est là que la chaîne du vol trouve une faille.

Ce n’est pas la technologie qui change la donne ici, mais l’idée de rendre la protection non optionnelle. C’est bien là la véritable innovation : forcer le secteur à repenser l’équipement de base. Dommage que si peu de constructeurs s’en inspirent. Fortified mérite d’être salué pour avoir osé bousculer le statu quo.

Yerka : le vélo est le verrou

Fortified mise sur la généralisation de mesures existantes, Yerka, elle, prend le problème à la racine. Plus besoin de transporter d’antivol : c’est le cadre qui fait office de cadenas. Le fonctionnement ? Astucieux. Le tube diagonal se scinde en deux, chaque moitié pivote, puis la tige de selle s’ôte et vient verrouiller l’ensemble autour d’un point fixe, comme un poteau ou un arceau. Tout le vélo se referme sur lui-même, immobilisant le cadre en moins de 15 secondes.

La tige de selle intègre 12 mm d’acier trempé, de quoi compliquer la tâche aux coupe-boulons. Mais si quelqu’un parvient malgré tout à forcer la serrure, c’est tout le cadre qui sera détruit, rendant le vélo inutilisable. Yerka assure que la solidité du cadre n’en pâtit pas, tests à l’appui, et garantit la structure deux ans.

Le tube de descente : résistance garantie

Le système protège aussi les roues grâce à des écrous antivol. Résultat : pas besoin de multiplier les cadenas, tout est intégré. Pratique, mais pas sans limites. En cas de tentative ratée, le vélo risque d’être endommagé, nécessitant parfois un remplacement complet. Autre point à noter : l’espace de verrouillage (17 cm à l’horizontale) oblige à bien choisir son point d’attache, surtout dans les parkings bondés.

Yerka : ressemble à un vélo normal !

Malgré ces détails, le concept séduit. Les retours des usagers sont encourageants et un essai de 30 jours permet de renvoyer le vélo sans justification si l’expérience ne convainc pas.

VanMoof : la sécurité façon 2.0 ?

VanMoof se positionne à l’avant-garde, avec des vélos électriques et classiques truffés de technologies « intelligentes ». Ce qui retient l’attention ici, c’est la panoplie de fonctions dédiées à la sécurité. Sur les modèles classiques, on trouve un verrou Abus Shield pour bloquer la roue arrière, des écrous spéciaux, une alarme sonore et lumineuse, et un traqueur GPS. Sur les versions électriques, on passe à une « serrure furtive » pilotée par application, avec reconnaissance automatique du propriétaire et déverrouillage manuel via un code.

VanMoof : c’est un beau vélo !

Le verrou Abus Shield, largement répandu en Europe, bloque la roue pour empêcher toute tentative de roulage. Pratique, mais pas suffisant pour empêcher un voleur de soulever le vélo et de filer avec. D’où la nécessité d’ajouter un antivol classique. Ce verrou reste entièrement mécanique et nécessite une clé.

Quant à l’immobilisation « intelligente », elle se déclenche en appuyant du pied sur un bouton caché près de la roue arrière. L’alarme se met en marche, le vélo se verrouille. Si le vélo bouge, l’alerte sonore se déclenche et les lumières clignotent, pouvant même afficher un code morse « SOS » dans les cas extrêmes. En cas de vol avéré, l’application avertit le propriétaire et le GPS permet de suivre le déplacement du vélo.

Immobilisation d’un VanMoof électrique en appuyant un bouton sur le décrochage

Pour déverrouiller, il suffit de s’approcher avec le smartphone ou d’entrer un code sur le guidon. Sur les modèles classiques, la gestion se fait uniquement via l’application. Mais si le téléphone est oublié ou hors batterie ? La protection s’avère alors un peu plus fragile.

Ces différences entre vélos électriques et classiques s’expliquent : le prix des modèles électriques justifie l’ajout de couches de sécurité, et leur batterie permet d’alimenter l’électronique embarquée plus facilement. Pourtant, VanMoof reste discret sur les spécificités des fonctions intégrées à chaque modèle.

Les boulons antivol équipent tous les éléments clés, sauf le guidon, dont la spécificité limite la convoitise. Seule une clé spécifique VanMoof permet de les démonter. Pour les plus inquiets, un plan de protection est proposé, équivalent à celui de Fortified (100$ la première année, 240$ pour trois ans). Si le vélo disparaît, une équipe de « Bike Hunters » se charge de le traquer. Pendant la recherche, un vélo de prêt est mis à disposition près d’un point de vente. Si le vélo n’est pas retrouvé sous quinze jours, un neuf est livré. La règle : jusqu’à quatre remplacements possibles, ensuite, le suivi s’arrête.

Les VanMoofs volés peuvent être suivis via l’application GPS

Le GPS multiplie les chances de retrouver un VanMoof. La marque revendique 80% de taux de récupération, loin devant la moyenne européenne (4%).

Vélos pliants : méthode à l’ancienne

À côté de ces innovations, il existe toujours une méthode directe et efficace : le vélo pliant. Gardez-le avec vous, et le risque de vol s’effondre. Même si plus de la moitié des vols surviennent au domicile des propriétaires, cela englobe garages et jardins. Très rares sont ceux qui se font voler leur vélo à l’intérieur même de leur appartement.

Vélos pliants : peu probable d’être volé (EuroMini Zizzo Urbano)

Le principal avantage : presque tout le monde peut ranger un vélo pliant chez soi, quelle que soit la taille du logement. Parmi les nombreux modèles, certains se distinguent, comme l’EuroMini Zizzo Urbano, qui offre un bon compromis prix/qualité. Plusieurs utilisateurs en témoignent : pas de vol à signaler à ce jour.

L’EuroMini Zizzo Urbano : déplié !

Bien sûr, choisir un modèle dépendra de critères personnels, mais la logique reste imparable : un vélo invisible pour les voleurs est un vélo en sécurité.

Antivols « imbattables » : mythe ou réalité ?

Il n’existe pas de parade absolue, et aucun des modèles présentés ne promet la garantie d’un vélo inviolable. Fortified et VanMoof proposent des services de récupération et de remplacement, preuve qu’eux-mêmes admettent la possibilité du vol. Le plan de protection Fortified rassure, tout comme la traque GPS chez VanMoof, mais aucun des deux ne rend le vélo totalement insaisissable.

Fortified se distingue néanmoins par sa volonté d’assumer une part de responsabilité, là où la plupart des marques laissent le client se débrouiller. On aimerait que tous les vélos neufs adoptent un minimum de sécurité dès la fabrication, mais l’initiative reste rare.

VanMoof, malgré tous ses dispositifs, reste vulnérable : un antivol de roue n’empêche pas de soulever le vélo ou de le charger dans une camionnette. L’alarme et les lumières dissuadent certains, mais le prix élevé des modèles attire les voleurs les plus déterminés, qui peuvent démonter le vélo pour vendre les pièces individuellement.

Le cas Yerka reste à part. Pour voler ce vélo, il faut le détruire, ce qui réduit considérablement l’intérêt pour les voleurs. Les pièces pourraient évidemment être revendues, mais le principe même de devoir anéantir le vélo pour le dérober en limite l’attrait.

Au fond, aucune de ces marques ne promet l’impossible. Les discours de vélos « involables » viennent surtout alimenter l’actualité, jamais les notices officielles. Ce qui mérite d’être reconnu, c’est l’effort de ces entreprises pour prendre le vol à bras-le-corps, à l’inverse d’une industrie qui continue de mettre sur le marché des milliers de vélos, sans jamais se soucier de leur sécurité future.

Le jour où chaque vélo neuf intégrera nativement de vraies solutions anti-vol, il sera peut-être enfin possible de laisser sa monture en ville sans arrière-pensée. Pour l’instant, il faut choisir, composer, et parfois, accepter de courir un risque. Mais entre le cadenas intégré, le GPS, ou le vélo pliable, chacun peut désormais ajuster sa parade, et, qui sait, contribuer à faire bouger les lignes.

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